“C'est beau de se regarder comme ça, de croire ;a plus grand, de croire que parce qu'on se regarde dans les yeux, ce sera plus vrai. Et pourtant. Les plus grands crosseurs que j,ai rencontrés vous planteront leurs yeux dans les vôtres. Le regard qui fuit dit toujours plus de vérités que celui qui confronte. (La foi du braconnier, p.28)”
“C'est à la toute fin d'une expiration qu'il faut tirer, juste avant de reprendre son souffle. C'est le moment le plus calme et le plus précis. On dit aussi les choses importantes après une grande expiration. (La foi du braconnier, p.108)”
“Le diable, s'il existe, c'est de ne plus exiger de soi qu'un minimum confortable. Trouvez ce que vous êtes et soyez-le. (La foi du braconnier, p.63)”
“En vieillissant, je le saurai plus tard, on ne change pas: on devient de plus en plus ce que l'on est vraiment. (La foi du braconnier, p.80)”
“Un jour, à propos de la vie, la mienne en particulier: "Ah! Ce n'était que ça."Je ne veux pas que ce ne soit que ça. Je ne veux pas comprendre et réduire.(La foi du braconnier, p.147)”
“Il paraît qu'à soixante-dix ans, c'est le meilleur souvenir qu'il vous reste. Le sexe. C'est ma grand-mère qui m'a dit ça. Elle m'a dit, tu sais quand on a mon âge, les plus beaux souvenirs qu'il vous reste ce sont les nuits d'amour. C'est ses mots à elle, mais je sais bien ce que ça veut dire. Ça veut dire qu'il n'y a rien de tel, après avoir bien pris son pied, que de se coller contre un homme en lui tenant la bite encore toute chaude comme un petit écureuil endormi. Tricote-toi des souvenirs, elle me dit, ma grand-mère, alors moi, je fais comme elle me dit et je me tricote des souvenirs pour me faire des pulls et des pulls pour quand je serai vieille et que j'aurai toujours froid. Parce que les vieux, ils ont toujours froid. Ils ont froid de ne plus pouvoir vivre les choses. C'est ça, qui donne froid, c'est de plus pouvoir s'assouvir, de plus pouvoir se donner à fond à ce qu'on a envie de vivre.”
“Je suis un être de dialogue ; tout en moi combat et se contredit. Les Mémoires ne sont jamais qu'à demi sincères, si grand que soit le souci de vérité : tout est toujours plus compliqué qu'on ne le dit. Peut-être même approche-t-on de plus près la vérité dans le roman.”